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Le blog

L'EMDR, c'est quoi et comment se passe une séance

L'EMDR est une thérapie brève qui aide le cerveau à retraiter un souvenir resté douloureux, grâce à des mouvements des yeux ou d'autres stimulations alternées. Je vous explique comment elle fonctionne, comment se passe une séance et ce qu'en disent les autorités de santé.

Laëtitia Le Boulch de profil près d’un pin, au bord d’un lac

On m'interroge souvent sur l'EMDR avant une première séance : comment des mouvements des yeux peuvent-ils agir sur un souvenir ? Faut-il tout raconter ? Est-ce que cela efface le passé ? Voici les réponses que je donne au cabinet, avec ce que disent les autorités de santé.

L'EMDR, c'est quoi ? La définition

EMDR est l'abréviation anglaise d'Eye Movement Desensitization and Reprocessing, que l'on traduit par « désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires ». La méthode a été mise au point à la fin des années 1980 par Francine Shapiro, une psychologue américaine.

La Haute Autorité de santé (HAS) la définit comme une thérapie des troubles psychotraumatiques « basée sur une exposition en imagination au souvenir douloureux couplée à des mouvements oculaires réguliers, et visant à une désensibilisation émotionnelle ». Autrement dit : vous pensez au souvenir qui vous fait encore mal, pendant que vos yeux suivent un mouvement de gauche à droite. Peu à peu, l'émotion attachée à ce souvenir diminue.

Les mouvements des yeux ne sont pas la seule possibilité. On parle plus largement de stimulations bilatérales alternées :

  • les mouvements oculaires, en suivant les doigts de la praticienne ;
  • de légers tapotements alternés sur les genoux ou le dos des mains ;
  • des sons alternés, d'une oreille à l'autre.

Je choisis avec vous ce qui vous convient le mieux.

La salle d’attente de l’Espace Pivoine Beauty et son tapis « welcome Chez Pivoine Beauty »

Comment ça marche : le souvenir resté « bloqué »

La plupart des événements de notre vie sont digérés naturellement : on y repense, on en parle, on en rêve, et ils finissent par rejoindre le passé. Un événement trop intense, trop brutal ou trop répété peut rester stocké tel quel, avec ses images, ses sons, ses émotions et ses sensations dans le corps. Un détail suffit alors à le réactiver : une odeur, un ton de voix, une situation qui ressemble à l'ancienne. On réagit au présent comme si le danger était encore là.

Francine Shapiro a proposé un modèle pour expliquer ce phénomène, le traitement adaptatif de l'information : l'EMDR relancerait le travail de digestion que le cerveau n'a pas pu faire au moment des faits. J'aime l'image du rangement : le souvenir retrouve sa place, dans le passé, et l'on peut l'évoquer sans revivre la peur. Les mécanismes exacts font encore l'objet de recherches, et plusieurs hypothèses coexistent, notamment sur le rôle de la mémoire de travail.

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Séances au cabinet de Camblanes-et-Meynac, à 19 minutes de Bordeaux, ou en visio pour l’EMDR et le coaching. Un autre créneau ? Écrivez-moi.

Comment se passe une séance d'EMDR

Le protocole décrit par Francine Shapiro compte huit phases. Au cabinet, voici comment elles se traduisent pour vous.

1. Le premier entretien

On fait connaissance. Vous me dites ce qui vous amène, ce que vous aimeriez voir changer, et je repère avec vous vos ressources. Je vérifie aussi que l'EMDR est adaptée à votre situation, notamment si vous avez un suivi médical ou un traitement. L'entretien reste court, car la thérapie brève s'oriente vers la solution.

2. La préparation

Je vous explique précisément ce qui va se passer, et l'on convient d'un signal pour faire une pause à tout moment. J'installe aussi avec vous une ressource de calme, souvent l'image d'un lieu où vous vous sentez en sécurité, que vous pourrez retrouver si l'émotion monte trop.

3. Le choix du souvenir à travailler

On définit ensemble la « cible » : l'image la plus pénible du souvenir, la pensée négative sur vous qui l'accompagne (« je suis en danger », « c'est ma faute »), la pensée que vous aimeriez avoir à la place, l'émotion et l'endroit du corps où vous la sentez. Vous notez votre niveau de perturbation de 0 à 10. Ce chiffre sert de repère tout au long du travail.

4. Les séries de stimulations

Vous gardez le souvenir à l'esprit et vous suivez mes doigts des yeux, ou vous recevez les tapotements. Les séries sont courtes. Entre chaque série, je vous demande simplement ce qui vient : une image, une émotion, une sensation, un autre souvenir, parfois rien du tout. Il n'y a pas de bonne réponse. On continue jusqu'à ce que la perturbation baisse.

5. L'ancrage de la pensée positive et le corps

Quand le souvenir ne dérange plus, je vous aide à renforcer la pensée positive choisie au départ. Puis vous parcourez votre corps en pensant au souvenir, pour vérifier qu'aucune tension ne reste accrochée.

6. La clôture et la séance suivante

Je ne vous laisse jamais repartir en pleine émotion : la séance se termine par un retour au calme. Dans les jours qui suivent, des rêves, des pensées ou des souvenirs peuvent remonter ; je vous propose de les noter. À la séance suivante, on fait le point sur ce qui a changé avant d'aller plus loin. En général, je laisse une quinzaine de jours entre deux séances.

Laëtitia Le Boulch, la tête levée vers le soleil, au bord d’un lac

Ce que dit la recherche sur l'EMDR

L'EMDR est recommandée par la Haute Autorité de santé (2007) et l'Organisation mondiale de la santé (2013) pour le trouble de stress post-traumatique.

Je vous le dis aussi clairement : ces recommandations portent sur le stress post-traumatique. L'EMDR est également utilisée pour les phobies, les deuils difficiles ou les angoisses, et beaucoup de personnes en tirent un vrai soulagement, mais les preuves scientifiques y sont moins établies. Pour en savoir plus sur ce trouble, lisez mon guide sur le stress post-traumatique.

Les idées fausses sur l'EMDR

« L'EMDR efface les souvenirs »

Vous gardez la mémoire de ce qui s'est passé. Ce qui change, c'est la charge émotionnelle du souvenir : il devient une page de votre histoire, que vous pouvez regarder sans que votre cœur s'emballe.

« C'est une forme d'hypnose »

En EMDR, vous restez éveillée, consciente, et vous gardez la main sur la séance grâce au signal de pause. L'hypnose ericksonienne repose sur un autre état, une concentration tournée vers l'intérieur. Je pratique les deux et je les associe parfois, selon ce qui vous aide.

« Il faut revivre tout le traumatisme »

Le travail se fait par courtes séries, avec une ressource de calme installée avant. Vous n'avez pas à tout raconter ni à rester longtemps dans l'émotion. Des émotions peuvent monter, c'est vrai ; elles passent, et vous restez accompagnée.

« L'EMDR empêche de faire son deuil »

Cette rumeur circule souvent. La tristesse, la colère ou le manque font partie d'un deuil, et ils gardent leur place pendant le travail en EMDR. La méthode aide surtout lorsque le deuil reste figé sur une image, comme l'annonce, l'accident ou les derniers instants. Ce soutien accompagne les étapes que vous avez besoin de traverser, à votre rythme. J'en parle sur la page traverser un deuil.

« Seuls les psychologues peuvent la pratiquer »

L'EMDR demande une formation spécifique. Beaucoup de psychologues et de psychiatres la pratiquent, et d'autres professionnels formés aussi. Ce qui doit compter pour vous : une formation identifiable, un cadre clair, et une praticienne qui sait passer le relais à un médecin quand la situation le demande. Pour ma part, je suis infirmière diplômée d'État depuis 2004, ancienne cadre de santé, et j'ai obtenu mon certificat en EMDR en 2018-2019.

« Une séance suffit »

Certaines personnes sentent un changement dès la première séance, d'autres ont besoin de plus de temps, surtout quand plusieurs événements se sont accumulés. Personne ne peut vous promettre un nombre de séances à l'avance.

Le bureau de thérapie de l’Espace Pivoine Beauty, mandala doré au mur

L'EMDR est-elle faite pour vous ?

Vous pouvez y penser si un événement vous poursuit : un accident, une agression, une annonce brutale, une humiliation, un décès. Ou si une peur vous paraît démesurée, si certaines situations vous font réagir bien plus fort que vous ne le voudriez.

Les séances ne remplacent pas un suivi médical : si vous êtes suivie, on en parle ensemble. Et si vous traversez une détresse importante, votre médecin traitant reste votre premier interlocuteur.

Je vous reçois à mon cabinet de Camblanes-et-Meynac, près de Bordeaux. Pour savoir comment je travaille, consultez la page EMDR près de Bordeaux ; pour les situations liées à un choc, celle sur le traumatisme, l'EMDR et l'hypnose. La séance est à 95 €, ou 80 € en pack : tout est sur la page des tarifs des séances.

Sources

Laëtitia Le Boulch sous les branches d’un saule

Questions fréquentes

Combien de séances d'EMDR faut-il ?

Cela dépend de ce que vous venez travailler : un événement unique et récent ne demande pas le même travail qu'une histoire ancienne et répétée. Je fais le point avec vous à chaque séance. La séance et les packs de 3, 6 ou 9 séances sont détaillés sur la page des tarifs des séances.

L'EMDR est-elle dangereuse ?

Pratiquée par une personne formée, dans un cadre préparé, l'EMDR est une méthode encadrée. Elle peut réveiller des émotions fortes pendant la séance et dans les jours qui suivent, d'où la phase de préparation. La Haute Autorité de santé la contre-indique en cas de pathologie psychotique : c'est l'une des choses que je vérifie au premier entretien.

Faut-il raconter son traumatisme en détail ?

Non. Quelques mots suffisent pour repérer le souvenir à travailler. Pendant les séries de stimulations, vous n'avez pas à décrire ce qui vous traverse : vous dites simplement ce qui vient, si vous le souhaitez.

Quelle différence entre l'EMDR et l'hypnose ?

En EMDR, vous restez pleinement éveillée et vous suivez des stimulations alternées en pensant au souvenir. L'hypnose passe par un état de concentration tourné vers l'intérieur, guidé par la voix. Les deux se complètent, je les présente dans le guide de l'hypnose ericksonienne.

Peut-on faire de l'EMDR pour une phobie ou un deuil ?

Oui, c'est fréquent en pratique, même si les études portent surtout sur le stress post-traumatique. Voir l'hypnose pour les phobies et traverser un deuil avec l'hypnose et l'EMDR.

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