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Le blog

Le stress post-traumatique : reconnaître, comprendre, avancer

Après un événement violent, il est normal d'être bouleversée pendant quelques jours ou quelques semaines. Quand les souvenirs, la peur et l'état d'alerte ne s'apaisent pas, on parle de stress post-traumatique : voici comment le reconnaître et vers qui vous tourner.

Laëtitia Le Boulch de dos sur un banc, face au lac et aux pins

Un accident, une agression, une annonce brutale, des violences subies ou dont on a été témoin : certains événements laissent une trace qui ne s'efface pas d'elle-même. Je reçois au cabinet des personnes qui vivent avec cette trace depuis des semaines, parfois depuis des années. Ce guide vous aide à reconnaître les signes, à comprendre ce qui se passe et à savoir vers qui vous tourner.

Qu'est-ce que le stress post-traumatique ?

Le stress post-traumatique (on dit aussi syndrome, état ou trouble de stress post-traumatique, abrégé SSPT, ESPT ou TSPT) est une réaction qui s'installe après un événement exceptionnellement menaçant. La Haute Autorité de santé (HAS) le décrit comme « une réponse différée ou prolongée à une situation ou à un événement stressant » : la personne a vécu, a vu ou a été confrontée à une situation où quelqu'un a pu mourir ou être gravement blessé, ou bien où son intégrité physique ou celle d'autrui a été menacée.

C'est plus fréquent qu'on ne le croit. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 70 % des personnes dans le monde vivront au moins un événement potentiellement traumatique au cours de leur vie, et 3,9 % de la population mondiale a connu un stress post-traumatique à un moment de sa vie. En France, la HAS cite le même ordre de grandeur : 3,9 % de la population générale sur la vie entière.

Trauma, traumatisme psychologique, stress post-traumatique : quelle différence ?

Le mot « trauma » désigne la blessure, l'événement qui a fait effraction. Le traumatisme psychologique, c'est l'empreinte que cet événement laisse en nous. Tous les traumatismes ne conduisent pas à un stress post-traumatique : beaucoup de personnes traversent un choc, souffrent un temps, puis retrouvent leur équilibre.

D'autres expériences, comme un harcèlement, une rupture brutale ou un deuil soudain, peuvent aussi laisser des marques durables sans répondre à la définition médicale. Elles méritent d'être prises au sérieux, et un accompagnement peut aider. Le diagnostic de stress post-traumatique, lui, est posé par un médecin.

Laëtitia Le Boulch sur un sentier au bord d’un lac entouré de pins

Reconnaître les signes du stress post-traumatique

L'Assurance maladie et l'OMS décrivent trois grandes familles de signes.

L'OMS note que la dépression, l'anxiété, la consommation d'alcool ou de drogues et les pensées suicidaires accompagnent souvent ce trouble. D'où l'importance d'en parler à un médecin.

Quand les signes apparaissent-ils ?

Après un choc, il est normal d'être secouée pendant quelques jours ou quelques semaines. Selon l'OMS, les signes du stress post-traumatique commencent le plus souvent juste après l'événement ou dans le mois qui suit. L'Assurance maladie précise que si ce stress ne s'atténue pas en quelques semaines, il devient un trouble durable. La réaction peut aussi venir plus tard, des mois après, au détour d'un nouvel événement.

Ce que les personnes me disent

Beaucoup de personnes que j'accompagne ont longtemps gardé cela pour elles. Elles me disent, presque mot pour mot : « je voulais rester forte », « je ne voulais pas déranger », « je ne voulais pas inquiéter mes proches ». Très souvent aussi, elles se sentent coupables de ce qui leur est arrivé, alors qu'elles l'ont subi. Ce silence est une manière de se protéger. Il retarde aussi le moment où l'on reçoit de l'aide.

Prendre rendez-vous

Séances au cabinet de Camblanes-et-Meynac, à 19 minutes de Bordeaux, ou en visio pour l’EMDR et le coaching. Un autre créneau ? Écrivez-moi.

Comprendre ce qui se passe dans le cerveau

Face à un danger, le cerveau passe en mode survie : le cœur accélère, le corps se prépare à fuir ou à se défendre, la pensée réfléchie se met en retrait. C'est une réaction saine, celle qui nous protège face à un tigre.

Quand l'événement est trop intense, le souvenir reste parfois stocké avec toute cette alarme, comme s'il n'était jamais devenu du passé. Un détail qui ressemble à la scène (une odeur, un bruit, un ton de voix, une heure de la journée) suffit alors à rallumer la réaction de survie. Le cerveau reconnaît la ressemblance avant même que vous en ayez conscience.

C'est pour cela qu'une réaction qui paraît disproportionnée a souvent une histoire. Elle ne dit rien de votre intelligence, de votre courage ou de votre volonté. Vous réagissez à une situation passée qui se superpose au présent. Il n'y a rien d'anormal là-dedans, et ce n'est la faute de personne.

Laëtitia Le Boulch assise, une tasse à la main, dans un intérieur clair

Avancer : ce qui aide au quotidien

Certaines personnes ne souhaitent pas, ou pas tout de suite, consulter. Voici des pistes que vous pouvez essayer seule, à votre rythme. Elles complètent un accompagnement et ne le remplacent pas quand les signes sont lourds.

  1. Reconnaître sans vous juger. Vous n'êtes pas obligée de « régler » toutes vos blessures pour avancer. Commencez par les reconnaître : vous avez de bonnes raisons de réagir comme vous réagissez.
  2. Repérer ce qui vous déclenche. Quand vous sentez une réaction trop forte, posez-vous ces questions : qu'est-ce qui m'active dans cette situation ? À quelle autre situation me ramène-t-elle ? Quelle émotion revient ?
  3. Laisser venir les réponses. Si rien ne vient, ce n'est pas grave. Posez la question, puis passez à autre chose. Les réponses arrivent souvent quand on cesse de les chercher, et parfois seulement quand on est prête à les entendre.
  4. Vous demander de quoi vous avez besoin. « De quoi ai-je besoin, maintenant, pour traverser cette émotion ? » Une pause, de l'air, une voix amie, un verre d'eau : la réponse est souvent simple.
  5. Poser une intention. Une phrase courte, réaliste, qui vous tient à cœur, par exemple « je veux pouvoir reprendre la voiture sans trembler ». Le cerveau avance mieux quand il connaît la direction.
  6. Garder des repères. L'OMS conseille de maintenir autant que possible ses routines, de bouger régulièrement (même une courte marche), de prendre soin de son sommeil, de réduire l'alcool et les drogues qui aggravent les symptômes, et d'apprendre à gérer le stress, par exemple avec la respiration ou la relaxation musculaire.
  7. Ne pas rester seule. Parlez de ce qui s'est passé à une personne de confiance, quand vous vous sentez prête. Les associations d'aide aux victimes peuvent aussi vous informer sur vos droits et vous soutenir.

Les accompagnements reconnus

Dans son guide de juin 2007 sur les troubles anxieux graves, la HAS désigne deux psychothérapies de premier choix pour l'état de stress post-traumatique : la thérapie cognitivo-comportementale centrée sur le traumatisme et l'EMDR. Elle ajoute que les techniques d'hypnose peuvent être bénéfiques sur certains symptômes (douleurs, anxiété, cauchemars), et que l'accompagnement peut être proposé quel que soit le délai écoulé depuis l'événement. Selon les situations, le médecin peut aussi prescrire un traitement médicamenteux.

L'OMS va dans le même sens : sa fiche sur le stress post-traumatique place ces deux approches parmi les interventions psychologiques les mieux étayées. Elle indique aussi que jusqu'à 40 % des personnes se rétablissent dans l'année, ce qui signifie que beaucoup d'autres ont besoin d'un soutien plus long.

Au cabinet, je propose l'EMDR et l'hypnose ericksonienne. L'EMDR travaille directement sur le souvenir qui reste chargé ; l'hypnose aide à retrouver du calme, du sommeil et des ressources. Je détaille cette approche sur la page traumatisme : l'accompagnement par l'EMDR et l'hypnose, et le déroulé d'une séance dans le guide l'EMDR, c'est quoi. Pour me rencontrer, voyez la page EMDR près de Bordeaux ; la séance est à 95 €, ou 80 € en pack, comme l'explique la page des tarifs des séances.

Les séances ne remplacent pas un suivi médical : si vous êtes suivie, on en parle ensemble.

Laëtitia Le Boulch dans une allée de jardin

Quand consulter un médecin

Parlez-en à votre médecin traitant si :

Le médecin pose le diagnostic, recherche ce qui peut l'accompagner (dépression, anxiété, consommation de produits) et vous oriente si besoin vers un psychiatre ou un psychologue. Mon accompagnement vient en complément de ce suivi.

Si vous avez des pensées suicidaires ou si vous vous sentez en détresse, appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide : il est gratuit, joignable 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, et un professionnel du soin formé vous répond. Vous pouvez aussi l'appeler pour un proche. En cas de danger immédiat, composez le 15 ou le 112.

Sources

Laëtitia Le Boulch en robe rose sur un chemin arboré

Questions fréquentes

Combien de temps dure un stress post-traumatique ?

Cela varie beaucoup. Selon l'Organisation mondiale de la santé, jusqu'à 40 % des personnes se rétablissent dans l'année. Quand les signes durent, un accompagnement adapté aide à les apaiser, même des années après l'événement : la Haute Autorité de santé rappelle qu'il peut être proposé quel que soit le délai écoulé.

Peut-on avoir un stress post-traumatique des années après ?

Oui. Les signes apparaissent le plus souvent dans le mois qui suit l'événement, mais la réaction peut aussi être différée. Un nouvel événement, un anniversaire ou un changement de vie suffit parfois à réveiller un souvenir ancien.

Qui pose le diagnostic de stress post-traumatique ?

Le médecin. Votre médecin traitant peut évaluer la situation, vous orienter vers un psychiatre ou un psychologue, et prescrire un traitement si besoin. Je travaille en complément de ce suivi.

L'EMDR est-elle reconnue pour le stress post-traumatique ?

Oui : la Haute Autorité de santé (2007) et l'Organisation mondiale de la santé (2013) la recommandent pour ce trouble, au même titre que la thérapie cognitivo-comportementale centrée sur le traumatisme. Je l'explique dans le guide l'EMDR, c'est quoi.

Que faire en cas de pensées suicidaires ?

Appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7. En cas de danger immédiat, composez le 15 ou le 112. Parlez-en aussi à votre médecin traitant.

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