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Le blog

Le syndrome de l'imposteur chez les femmes actives

Vous réussissez, et pourtant vous attendez le jour où l'on découvrira que vous n'étiez pas à la hauteur. Ce sentiment a un nom, une histoire, et il se travaille.

Laëtitia Le Boulch en combinaison noire dans un intérieur lumineux

Une promotion, un nouveau client, un compliment de votre responsable, et la même petite voix : « J'ai eu de la chance », « Ils vont finir par voir que je ne sais pas faire ». Le syndrome de l'imposteur est ce décalage entre ce que vous réussissez et ce que vous pensez valoir. Il revient souvent au moment précis où votre travail est reconnu, et il freine des femmes compétentes au moment de postuler, de fixer leurs prix ou de lancer leur projet.

D'où vient le terme « syndrome de l'imposteur » ?

En 1978, deux psychologues américaines, Pauline Rose Clance et Suzanne Imes, publient un article intitulé The Imposter Phenomenon in High Achieving Women, « le phénomène de l'imposteur chez les femmes très performantes ». Elles l'ont observé chez des femmes qui avaient brillamment réussi, diplômes, postes, reconnaissance de leurs pairs, et qui restaient intimement convaincues de ne pas le mériter. Malgré les preuves, ces femmes pensaient avoir trompé leur entourage.

Deux points à retenir de ces travaux :

  • il s'agit d'une expérience intérieure : le « syndrome de l'imposteur » ne figure dans aucune classification des troubles mentaux, même s'il peut s'accompagner d'anxiété ;
  • Clance a reconnu par la suite que les hommes le vivent aussi. Les premières observations portaient sur des femmes, et le contexte des femmes actives continue de le nourrir.
Laëtitia Le Boulch en robe rose sur un chemin arboré

Pourquoi les femmes actives y sont particulièrement exposées

Le syndrome de l'imposteur chez la femme tient beaucoup au contexte. Plusieurs éléments s'additionnent :

Autour de 40 ans, ces moments ont tendance à se cumuler. C'est l'âge où beaucoup de femmes que j'accompagne envisagent de changer de voie et se demandent si elles en ont le droit. Le guide sur la reconversion professionnelle à 40 ans aborde cette étape en détail.

Prendre rendez-vous

Séances au cabinet de Camblanes-et-Meynac, à 19 minutes de Bordeaux, ou en visio pour l’EMDR et le coaching. Un autre créneau ? Écrivez-moi.

Les signes du syndrome de l'imposteur

Vous vous reconnaîtrez peut-être dans plusieurs de ces situations :

  • vous attribuez vos réussites à la chance, au hasard, à l'aide des autres ou à une erreur de jugement de ceux qui vous ont choisie ;
  • vous avez peur d'être « démasquée » ;
  • vous vous préparez beaucoup trop, ou vous repoussez jusqu'à la dernière minute ;
  • les compliments vous mettent mal à l'aise et vous les minimisez aussitôt ;
  • vous vous comparez à celles qui semblent tout maîtriser ;
  • vous ne postulez que si vous cochez toutes les cases d'une offre, et vous n'osez ni fixer vos prix ni demander une augmentation ;
  • une erreur, même minime, efface à vos yeux tout ce qui a réussi.

Le cycle décrit par Clance

Clance décrit un cycle qui se répète. Une tâche importante déclenche l'anxiété. Vous y répondez par la surpréparation ou par la procrastination. La tâche réussit, vous êtes soulagée, puis vous mettez la réussite sur le compte de l'effort démesuré ou de la chance. Rien ne vient nourrir la confiance, et le cycle repart au projet suivant. Le repérer est déjà une façon d'en sortir : la prochaine fois, vous saurez à quelle étape vous vous trouvez.

La salle d’attente de l’Espace Pivoine Beauty et son tapis « welcome Chez Pivoine Beauty »

Faire le test : l'échelle de Clance

En 1985, Pauline Rose Clance a publié un questionnaire de 20 affirmations, l'échelle du phénomène de l'imposteur, que l'on trouve facilement en français. Vous notez chaque affirmation de 1 à 5, et le total, entre 20 et 100, indique l'intensité du phénomène selon les repères de l'autrice : au-delà de 60, les manifestations sont fréquentes ; au-delà de 80, elles sont intenses.

Ce test du syndrome de l'imposteur n'a aucune valeur de diagnostic. Il sert de miroir : il aide à prendre conscience de ce qui se joue et à en parler avec des mots précis.

Des pistes concrètes pour avancer

  1. Mettre un nom sur ce que vous vivez. Dire « c'est mon syndrome de l'imposteur qui parle » crée une petite distance avec la pensée, et cette distance suffit parfois à agir quand même.
  2. Tenir un carnet de preuves. Chaque semaine, notez trois faits : un retour positif, une difficulté surmontée, une compétence utilisée. Des faits datés, à relire quand le doute monte.
  3. Distinguer le ressenti du fait. « Je me sens incompétente » décrit une émotion. « J'ai livré le dossier dans les délais et il a été validé » décrit un fait. Les deux peuvent coexister.
  4. Recevoir un compliment. Dire « merci », et s'arrêter là, sans « oh, ce n'était rien ». L'exercice paraît simple ; il est souvent le plus difficile.
  5. Viser le « suffisamment bien ». Fixez à l'avance le niveau de qualité attendu et le temps que vous y consacrez, et tenez-vous-y.
  6. En parler. Avec une collègue, une amie, un groupe de femmes qui vivent la même chose : on découvre très vite que l'on est loin d'être seule. Ma conférence mensuelle pour les femmes actives est pensée pour ces échanges.
  7. Oser une petite exposition par semaine. Prendre la parole en réunion, publier un post, annoncer un prix sans le justifier. La confiance se construit en agissant, avant de se sentir prête.
Laëtitia Le Boulch de profil près d’un pin, au bord d’un lac

Quand se faire accompagner

Si le doute vous empêche de postuler, de lancer votre activité, de facturer à votre juste valeur, ou s'il vous épuise, un accompagnement peut vous faire gagner beaucoup de temps. Ancienne infirmière et cadre de santé, formée à l'hypnose, à l'EMDR et à la PNL, j'accompagne surtout des femmes d'environ 40 ans, salariées ou entrepreneures, qui ne s'autorisent pas encore à prendre leur place.

Les séances ne remplacent pas un suivi médical : si vous êtes suivie, ou si le doute s'accompagne d'une fatigue durable, de troubles du sommeil ou d'un sentiment de détresse, on en parle ensemble, et votre médecin reste votre premier interlocuteur.

Questions fréquentes

Le syndrome de l'imposteur est-il une maladie ?

Non. C'est une expérience intérieure décrite en 1978 par Pauline Rose Clance et Suzanne Imes, qui parlaient de « phénomène de l'imposteur ». Il ne figure dans aucune classification des troubles mentaux, ce qui ne l'empêche pas de peser lourd au quotidien.

Existe-t-il un test du syndrome de l'imposteur ?

Le plus connu est l'échelle de Clance, 20 affirmations notées de 1 à 5, publiée en 1985. Elle donne une idée de l'intensité du phénomène, sans valeur de diagnostic, et sert de point de départ pour en parler.

Les hommes vivent-ils aussi le syndrome de l'imposteur ?

Oui. Clance l'a d'abord observé chez des femmes, puis a reconnu que les hommes le vivent aussi. Le contexte des femmes actives, avec la charge de tout réussir à la fois, le rend souvent plus présent.

Le syndrome de l'imposteur disparaît-il un jour ?

Il peut revenir à chaque nouvelle étape : un poste, une création d'entreprise, une reconversion. Avec un travail sur soi, on apprend à le reconnaître vite, et il pèse beaucoup moins sur les décisions.

Hypnose ou coaching, que choisir ?

L'hypnose convient quand le doute est ancien, lié à l'image de soi ou à l'anxiété. Le coaching, avec Révélation, convient quand il bloque un projet professionnel précis. On peut en parler avant de commencer.

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